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Des PCB dans les poissons d’eau douce

Par Isabelle Eustache le 31 Janvier 2012 Les PCB ou polychlorobiphényles sont des composés aromatiques chlorés toxiques qui ne sont plus utilisés depuis plus de vingt ans par l’industrie, par exemple comme isolants dans les transformateurs électriques ou comme stabilisants dans les encres ou les peintures. Le problème avec les PCB vient justement de leur stabilité, les rendant peu biodégradables. C’est ainsi que leur toxicité est liée à leur accumulation progressive dans l'organisme au cours du temps.

 

L’homme s’intoxique surtout via la chaîne alimentaire. Sachant que l’accumulation des PCB se fait en particulier dans certains réservoirs comme les sédiments marins ou de rivière, ils sont présents en quantité importante dans les poissons de rivière. Il faut savoir que les PCB se concentrent particulièrement dans les tissus graisseux. En conséquence, ceux qui « en contiennent le plus sont les aliments d'origine animale, riches en graisses tels que les poissons gras en contact avec les sédiments contaminés ». Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), « l'alimentation constitue donc la principale voie de contamination de la population générale (plus de 90% de l'exposition totale) ». Quant aux effets toxiques, ils peuvent être cutanés (chloracnée, pigmentation des ongles et de la peau), oculaires (hypersécrétion) ou encore provoquer des troubles hépatiques (altération transitoire de l'activité d'enzymes hépatiques).

L’Anses vient de rendre un rapport montrant que les espèces d’eau douce de type anguille, barbeaux, brèmes, carpes, silures, sont les plus polluées par le PCB. Malgré tout, des prélèvements réalisés chez les pêcheurs montrent que ces derniers sont relativement peu contaminés, en lien avec leur consommation modérée en poissons d’eau douce, rares étant les pêcheurs qui consomment en moyenne plus d’une fois par mois les produits de leur pêche en eau douce.

En pratique, les autorités sanitaires maintiennent leur recommandation de ne pas consommer plus de deux fois par mois de poissons d’eau douce fortement bioaccumulateurs de PCB, et pas plus d’une fois par mois pour les femmes enceintes, les femmes qui allaitent, les enfants de moins de trois mois, les fillettes et les adolescentes. 

Source:
Rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses), Janvier 2012.

Crédit image : Fotolia.com © Monster
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